dimanche 17 octobre 2010

Etrange invasion...

Depuis quelques jours, une étrange invasion a lieu dans les rues de Porto Alegre...
Une étrange invasion qui est quand même (né) vachement rigolote !
Comme cela est arrivé dans un certain nombre de villes du Monde, l'exposition de vaches est arrivée dans la capitale gaucha !
Après un petit tour sur internet, il paraît que Paris a également bénéficié de cette invasion étrange, mais cette année-là, j'avais abandonné Paname pour Panama ! Par contre, je me rappelle bien des vaches de Toronto en 2000 avec des feuilles d'érables peintes dessus !

La CowParade ! Devant le Santander Cultural.

Et l'envers du décors !

La vache pour aveugle (ils ont pensé à tout ces artistes !), avec l'explication du super délire de la vache en Braille. Je ferais bien une petite dédicace mais la personne à qui je pense ne lit pas le braille (JM, tu te reconnaitras si tu passes ici par hasard !) ! Devant le Mercado Publico.

Au milieu du Mercado Publico. Si il y a un monsieur qui a sa tête consciencieusement plongée dans les fesses de la vache, c'est parce qu'en regardant à travers les petits morceaux de verres (les petits ronds que l'on peut voir sur la photo), on voit différent bâtiments célèbres de Porto Alegre.


A travers la vitre du bus moyennement propre !

La même de plus près ! Le bus est même passé au bon moment pour une petite légende ! Maintenant vous êtes sûrs que je suis vraiment ici !

Un brin kitchouille devant la mairie !

Celle-là je la trouve trop chouette devant le théâtre São Pedro.
Devant la maison culturelle Mario Quintana ! Au passage j'ai découvert une super salle de ciné qui passe des films français !

Et de l'autre côté !

Av. Borges de Medeiros.
La vache-poisson

La crème, je veux dire vache renversée avenida Alberto Bins


J'adore celle-ci ! Au Brique/Parque da redenção.

La vache-ciel sur Ipanema (et oui, il n'y a pas qu'à Rio !)
Dans l'entrée de l'université (UFRGS) !
Station de métro : Mercado Publico.

Vous prendrez bien une vaxi ?


En cette journée d'anniversaire de Sieur mon pôpa qui m'a donné un nom pareil, je ne pouvais pas passé à côté de cet article !
Bon anniversaire Papou !

J'ai jusque au 20 Novembre pour trouver les autres 86 vaches photographiables (c'est à dire que celles coincées entre une bretelles d'autoroute et un pont sont difficilement éligibles...) et les ajouter sur cet article, alors gardez la paupiette ouverte !

mardi 12 octobre 2010

Mato Grosso do Sul et Kaiowà Guarani

Comme je l'ai déjà dit je crois, le Mato Grosso do Sul est un des États où la situation des indiens est réellement dramatique. En effet, c'est là où il y a le moins de terres démarquées et le plus de violence contre les leaders indigènes. Le manque de terre entraîne la promiscuité, et donc la pauvreté, violence et suicides massifs...
La terre occupée par les Guarani dans le Mato Grosso do Sul est passée de 25 à 1% en l'espace de 200 ans...
La population Guarani Kaiowa est l'une des populations du Monde les plus frappées par le suicide... Si cela vous intéresse vous pouvez trouver les chiffres sur internet. Cependant sachez que volontairement les chiffres sont souvent diminués pour plusieurs raisons. Car l'on ne sait jamais trop s'il y a suicide ou s'il y a meurtre maquillé en suicide, car les autorités ne tiennent pas à gonfler ce genre de chiffres, et car, pour les entités pro-indiens ce genre de chiffre sont un genre de prophétie auto-réalisatrice, en effet il est assez connu que plus il y a de suicide dans un milieu, plus un individu est amené à tenter de se suicider, quelle que soit sa situation personnelle.

34 Guarani Kaiowa se sont suicidés en 2008 et 42 ont été assassinés, pour 45 000 Guarani Kaiowa... C'est un nombre absolument énorme, plus important que dans des pays en guerre... En réalité plus important que dans n'importe quel pays...
Cela est bien sûr du aux exactions des fermiers qui expulsent les indiens de "leurs" terres, mais également à la promiscuité, qui entraîne alcoolisme et violence (il y a même des suspections de distribution d'alcool et de drogue de la part des autorités et des fermiers, histoire d'en finir plus rapidement).

Bon effectivement ce n'est pas très gai ce que je vous raconte là, mais en même temps, cela correspond à une réalité, et c'est celle que je vis en ce moment.

Voilà une petite vidéo amateur faîte par l'équipe du CIMI du Mato Grosso do Sul. Je vous préviens il y a des images assez cruelles.





Ceci se déroule dans la communauté d'YPOI, où ont été assassinés deux professeurs Guaranis. L'un des corps n'a toujours pas été retrouvé...
Leurs familles et la communauté demandent à ce que justice soit faîte.

Voilà une petite traduction de ce que l'on peut trouver dans le film.

Début du film :
Sur les banderoles on peut lire :
"Nous voulons la justice", "Guerriers Guarani, votre courage brille dans chaque enfant", "Professeurs Ronildo et Jenivaldo, vous êtes dans nos cœurs".

Ensuite suit le témoignage d'une femme, qui est la fille d'un des professeurs et à qui on a refusé de témoigner en Guarani au tribunal. Le Guarani n'est pas une langue officielle au Brésil, mais la constitution reconnait le droit aux indiens de s'exprimer dans leur langue, y compris à l'école, etc...
La deuxième femme est la mère du professeur qui n'a pas été retrouvé...

Un extrait d'un article paru dans CGNews "L'indien n'en fout pas une, pourquoi est-ce qu'il voudrait de la terre ? Nous sommes prêts, avec les carabines bien graissées." Milton Silva (Vous apprécierez la dentelle...).

"Deux indiens Guaranis du village de Pirajui, dans la municipalité de Paranhos auraient disparus après une tentative avortée d'invasion d'une ferme, dans la région frontalière avec le Paraguay... à 470 km de Campo Grande".

Témoignage : "On est parti de là-bas il y a 27 ans. Mais ce n'est pas parce que l'on voulait, c'est le fermier qui a expulsé mon père. Mais maintenant, nous voulons y retourner parce que c'est notre terre, parce qu'on y a vécu très longtemps, mon père, mon grand-père, mon arrière-grand père et tous nos parents sont enterrés là. C'est pour cela que l'on veut notre terre. C'est pour cela que l'on veut y retourner. "

La femme de Rolindo, avec 4 enfants est se retrouve dans une situation difficile : "Nous manquons de nourriture"... le reste en Guarani.

Impunité : cela fait plus d'un an, et le l'enquête n'est toujours pas finie.
La femme qui pleure est la mère de Jenivaldo. Elle souhaiterait pouvoir retourner dans sa terre, pour enterrer son fils avec les ancêtres.
Omission : les assassins sont toujours libres. Les explications avancées ? L'enquête continue discrètement... Jusqu'à quand ?

Témoignage "Jusqu'à maintenant les autorités ne sont pas venues. Ils ne nous ont rien dit sur ce qui s'était passé, sur celui qui les avait tué. Il est en liberté, dans le coin. Et nous, les parents, nous voulons qu'il soit puni. Vos lois sont très lentes, on attend très longtemps. Et le gars est libre comme ça, mais nous on veut la justice, on veut savoir ce qu'il s'est passé. Il faut chercher jusqu'à savoir ce qu'il s'est passé, qui les a tué. Comme ça, notre âme sera contente, elle sera bien. Mais en attendant notre âme va souffrir, parce que nous souffrons tous ici, comme si cela s'était passé hier. Et ça ne va pas passer tant que la loi, la loi brésilienne ne fera pas quelque chose."

"Nous sommes ici pour notre terre, pour notre Tekoha. Et tant qu'on ne l'aura pas on se battra pour l'avoir."

17 août 2010 : la communauté, fatiguée d'attendre retourne sur sa terre... Mais elle se retrouve assiégée par les contremaitres de la ferme.

___________________________________________________________________

Si vous voulez faire quelque chose,
vous pouvez vous connecter sur le site de Amnesty International Belgique ou encore de Survival selon les affinités ! Le but n'est pas de donner de l'argent, mais simplement d'envoyer un courrier automatique à l'ambassade du Brésil ou au gouverneur du Mato Grosso do Sul (sur le site de Amnesty, vous pouvez jeter un coup d'œil à l'ONG en copie !).

Je me suis beaucoup intéressée pendant ces dernières années aux exactions commises sous les régimes dictatoriaux sud-américains, notamment chiliens et argentins. C'est donc une grande tristesse de constater que les exécutions sommaires, les disparitions et l'impunité sont encore de mise, y compris dans les pays reconnus internationalement comme étant des nouvelles grandes démocraties...

mercredi 6 octobre 2010

Une semaine au Parana...

Bon cela fait quelque temps que je n'ai pas écrit, il faut vite rattraper ça !
J'ai donc passé la semaine (ou presque) dans l'Etat du Parana, dans la mégalopole de ... Laranjeira do Sul ! Bon, on fait plus glamour mais c'était très chouette quand même ! Ce que je regrette, c'est de ne pas avoir plus profité pour voir le Parana et Laranjeira mais ce fut boulot, boulot ! Qui a dit qu'on ne bossait pas dans les assoc' ?
Donc, cela a commencé lundi par l'aéroport de Poa, petit privilège du au dos en compote de Roberto ! Le voici, le voilà, car il est quand même pas mal :



Quand on arrive, il nous reste encore 4 heures de bus, puis une heure et demi de voiture le lendemain (moi qui ne suis pas fan des transports, ici je suis servie !) pour arriver sur notre lieu de RDV ! Nous sommes là pour 4 jours pour l'assemblée annuelle du CIMI régional Sud (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Parana, São Paulo), et se sont joint à nous le régional du Mato Grosso do Sul, ce qui était bien sûr super, vu que c'est l'État dont la situation des indiens est de loin la plus dramatique... Le but de tout ça, faire le point sur les différents projets en cours, les différentes démarcations, l'occasion de faire part des projets nationaux aux associations locales, de différentes nouvelles en tout genre...
Par exemple, le CIMI fait un certain nombre de publication tous les ans, dont un répertoire des violences subis par les indiens chaque année. Nous avons donc eu droit à une grande présentation sur deux nouvelles publications de ce type : toutes les terres indigènes (démarquées ou non), et les grands projets qui menacent ces terres.
Le début a été un peu dur, notamment du au fait que j'étais de loin la plus jeune et que je ne connaissais personne à part Roberto dans une réunion de 25 personnes ce qui est un peu intimidant quand il y a un tour de parole toute les 10 minutes et que cela ne le fait pas trop de sauter son tour ! Mais finalement, je me suis bien adaptée et je me suis même fait des connaissances-amies ! En fait, cela faisait des mois que je n'avais pas eu l'occasion de parler philo, politique, littérature... Et là, j'ai trouvé, et ça c'était vraiment très chouette ! D'autant que la conversation avec Vanessa ne pouvait pas mieux commencer... Elle : "Tu sais je suis super crevée, ça fait un an et demi que je ne prend pas de vacances, du coup je vais passer 15 jours au Panama en octobre, mais bon je n'ai pas trop de contacts là-bas..." Forcément, ça ne pouvait pas mieux tomber !


Sinon, j'ai été la secrétaire adjointe de la réunion avec Rabeca, ce qui était loin d'être évident, mais qui m'a permis de bien progresser en portugais, car finalement j'ai assez peu d'occasions de l'écrire...


Nous avons eu une super nouvelle pendant cette réunion. Le président du Cimi, l'évêque Erwin Krautler, d'origine autrichienne a reçu le prix nobel alternatif de la paix ! Ce prix est aussi connu comme Right Livehood Award. Il a été crée par un eurodéputé de nationalités allemande et suédoise en 1980 quand la fondation nobel a refusé d'ajouter les prix de l'environnement et du développement humain. Ce prix a déjà été attribué à des personnalités comme Grameen Skakti, le bengalis connu pour sa promotion du microcrédit, Leonardo Boff, le pape (c'est le cas de le dire) de la théologie de la libération, Survival International...
Je crois qu'il y a eu un mini article dans Libé, et un sur le site de Survival.

Sinon, c'était aussi l'occasion du churrasco, parce que tout est l'occas' du churrasco en fait !



Avant de prendre le (long) chemin du retour, nous avons été invité à un baptême de deux petits garçons dans un campement du MST- Mouvement des travailleurs sans terre (je vous ferais bien un loong speech sur le MST, mais je sens que ce sera pour la prochaine fois, d'autant que certains de mes lecteurs sont beaucoup plus qualifiés que moi pour le faire !). La cérémonie était prononcé par un membre du CIMI, mais qui est aussi très présent dans le MST. Elle se déroulait dans le hangar d'une coopérative boulangère (et autre). Je dois dire que c'était un moment assez extraordinaire... Dans tous les sens du terme. Vous avez déjà vu vous des chants socialistes dans une messe ? Ou un sermon sur la justice sociale et l'égalité de tous ? Parce que moi, je crois bien que c'était la première fois, et des messes comme ça je veux bien y aller tous les dimanches !
C'était réellement un moment extrêmement poignant et impressionnant, la façon dont le spirituel est mêlé à la lutte sociale... Je suis sûr qu'il y en a quelques uns à qui ça aurait drôlement plu ! En tout cas, moi j'ai été fascinée !


Les drapeaux sur l'autel ? Le mouvement des femmes rurales (ou quelque chose dans ce goût-là) et le MST.

Bien sûr, nous ne pouvions pas terminer cette semaine sans assister au dernier débat avant le premier tour des élections... Je pourrais en dire des tas de choses, mais la description de Lionel est tellement hilarante que je vous envoie vers son blog !

Selon moi les résultats ne sont pas vraiment le reflet d'une conscience écologique aiguë dans la population, mais plutôt d'un raz-le-bol des pratiques (très) douteuses de la politique classique brésilienne... Corruption et détournements de fonds sont les maîtres mots !
Petit exemple qui commence à se répandre dans les journaux... le sénateur de l'Etat de Roraima, qui vient d'être réelu, aurait (conditionnel d'une probabilité extrême visant à me protéger légalement de toute accusation de diffamation !) détourné 34,6 millions de Reais (14,5 millions d'euros) de la Funasa (Fondation National de la Santé, qui s'occupe principalement de la santé des indiens...) pour financer sa campagne, ainsi que celle de sa femme et de son fils. Ce sénateur était dans le gouvernement précédent (et nul doute que dans le suivant) leader du groupe parlementaire de la majorité au Sénat...




Je vous envoie une ou deux photos du Fleuve Iguaçu et d'un barrage, vu en descendant du Parana vers le Rio Grande Do sul (cette fois en voiture et bus !).


dimanche 26 septembre 2010

Le Cimi et les indiens !

Je m'arme de courage pour vous écrire un petit mot du soir !
Depuis que je suis arrivé, vous avez été nombreux à me demander des précisions et des détails sur mon stage, le Cimi, ce que nous faisions, etc...
Alors il est grand temps pour moi de vous répondre dignement !

Un peu d'histoire... Le Cimi (Conselho Indigenista Missionário) est né pendant la dictature militaire. Le Brésil n'ayant pas échappé à la "règle" latino-américaine des années 70/80, "règle" encouragée implicitement ou explicitement par les US préférant une dictature militaire au risque d'un pays rouge à ses portes, mais ceci est une autre histoire ! Pour mémoire, la citation de Kennedy, pourtant plutôt démocrate (Jeu de mots du dimanche soir...) : " il y a trois possibilités, par ordre de préférence : un régime démocratique décent, la continuation du régime de Trujillo, ou un régime castriste. Nous devons ambitionner la première, mais nous ne pouvons pas renoncer à la seconde tant que nous ne sommes pas certains de pouvoir éviter la troisième ".
(Dualc, pourquoi me poursuis-tu ainsi ?)

Et pourquoi est-ce que je divague autant dans ce blog ?

Donc je continue : dictature militaire. C'est à ce moment-là qu'ont commencé à apparaître les mouvements indigénistes, car ils permettaient de concentrer un certain nombre de mécontentements sociaux en tout genre, et cela passait mieux que des mouvements contre la torture par exemple...
Ce thème a une résonance internationale, quand circulent des photos et des témoignages sur l'extermination des indiens ainsi que des cas de tortures en 1969. La croix-rouge internationale (spéciale casse-dédi pour Léa !!) a un rôle important dans l'enquête ! Les autorités chargées des indiens (La Funai, déjà à l'époque) sont dirigés par des militaires qui doivent veiller à ce que les indiens ne soient pas un frein au développement économique du pays (et ils continuent encore aujourd'hui à être perçu ainsi par beaucoup). Naissent alors les critiques sur les mouvements missionaires évangélistes, c'est aussi le moment de Vatican II, Mai 68 tout ça !
Donc en 1972, est crée le CIMI par des religieux et des laïques qui souhaitent travailler avec les indiens, mais cette fois pas pour les convertir, ni les intégrer dans la société nationale de gré ou de force, mais pour les inciter à lutter pour leurs droits (notamment avec la constitution de 1988, ils acquièrent le statut de citoyen lambda et ne sont plus considérés comme de grands mineurs qui ne votent pas -alors que le vote est obligatoire au Brésil !) ainsi que pour leur terre.
Ce point est important à mon sens. Le CIMI ne lutte pas pour les indiens, mais avec eux et surtout par eux. Nous sommes souvent les intermédiaires entre eux et les blancs, mais en n'agissant jamais à leur place, ce qui serait les renvoyer à cet ancien statut de mineurs.

Le Cimi est donc issu de la Théologie de la Libération et continue à avoir des liens avec l'Église catholique. Cependant au niveau local nous travaillons également avec le Comin qui est l'équivalent protestant !

Pourquoi la terre est la priorité number 1 ?

Car la terre est primordiale. Pour tous, dans un pays où sa concentration est l'une des plus forte au Monde, mais encore plus pour les indiens. Car leur façon d'être (teko en guarani) ne peut s'exprimer que dans le Tekoha, l'endroit de la façon d'être ! En effet, la terre sert à cultiver ce que l'on mange, à pêcher et à chasser, tout en la protégeant pour qu'elle continue à les nourrir (les terres indigènes sont beaucoup mieux conservées en terme de biodiversité que les parcs naturels). C'est là qu'ils trouvent leur nourriture donc, mais aussi la matière première de l'artisanat qu'ils vendent, de leur habitat... Et c'est aussi tellement important au regard de la relation qu'ils entretiennent avec la nature, qui est la base de toute la culture et religion. Les autorités publiques sont souvent surprises de la quantité de terre que les indiens demandent, souvent importante. Mais cette terre ne sert pas à produire une monoculture pour la vendre sur le marché international, mais à vivre en autonomie complète ou presque, et à permettre leur reproduction physique comme culturelle.

Concrètement notre travail consiste, pour ce que j'en ai vu, en trois points principaux :
  • visiter les "aldeias", que ce soit des terres démarquées, en cours de démarcation... ou des campements au bord de la route. Pour l'instant j'en ai visité 9 aldeias, 2 kaingangs et 7 guaranis. Bien sûr, je commence à bien connaître les aldeias les plus proches. Nous y allons spontanément ou car ils nous appellent pour tel ou tel problème... C'est l'occasion de vérifier si tout marche comme cela devrait : l'école fonctionne, le personnel de santé vient, l'électricité a été rétabli ... ? Bon, inutile de dire que beaucoup de réponses négatives ! C'est aussi l'occasion de faire de la traduction juridique, comme pour ce cacique qui se préoccupait de se voir expulser de ses terres avec tout son village (une douzaine de familles) pour y construire une prison... Et lui apprendre que malheureusement au vu du contrat signé 5 ans plus tôt pour ces terres, cela était parfaitement possible.
  • Participer et encourager les réunions entre indigènes. C'est aussi l'occasion de visites ! Par exemple cette semaine, nous sommes allé prévenir de nombreux caciques et leaders de la région (en accompagnant un des principaux leader de la région) d'une réunion importante dans deux semaines. Il s'agit, dans le cadre d'une restructuration de la Funai d'emmètre un certain nombre de demandes et de propositions. Nous avons également fait des réunions avec eux pour préparer les 400 ans des missions jésuites, évènement pour lequel un leader guarani est invité à parler. Nous l'avons donc aidé à élaboré son discours, leur culture étant bien évidemment beaucoup plus orale qu'écrite !
  • Enfin, il me semble que notre rôle est également très souvent de faire interface entre les deux sociétés et les deux cultures. Ce fut le cas dans une aldeia Kaingang quand nous avons accompagné deux journalistes qui voulaient faire un reportage... Les premiers contacts où nous étions intermédiaires se sont très bien passé, la suite a été catastrophique ! Ça a également été le cas cette semaine, qui fut très intéressante car nous avons accompagné deux guaranis (Xixi et Adreano) pour une audience avec le procureur et le juge du Tribunal Régional Fédéral (tribunal fédéral décentralisé). Ils venaient de l'État de Sta Catarina et les terres où ils vivent et qui sont en cours de démarcation, sont lorgné par un certain nombre de grandes entreprises (dont française...) pour des grands travaux, port industriel et voie ferrée ! Le juge de première instance, devant l'insistance de ces entreprises et des mairies, a donc interrompu la démarcation afin de permettre cela. Le recours au tribunal fédéral permettra donc de valider ou d'invalider cette décision. Et le lendemain, RDV au parquet avec les anthropologues responsables d'établir si leurs terres sont oui ou non d'usage traditionnel. Cela aurait été absolument passionnant si mon vocabulaire juridique portugais avait été un peu plus riche, mais ce fut tout de même une expérience très intéressante.
Comme Roberto est vice-président du Cimi, il est très souvent en déplacement à Brasilia et autre. Pendant ce temps-là, je fais un peu la même chose avec Evanir qui est du Comin (l'assoc' protestante) ou je lis la tonne de doc' que Roberto me fournit consciencieusement ! Mais dès octobre, quand je serais un peu plus à l'aise, j'irais passer des journées dans les aldeias les plus proches afin d'apprivoiser un peu mieux toute cette réalité !

Roberto qui nous lit l'historique de l'affaire de Santa Catarina, pour que nous soyons parés quand arrivera le procureur ! Comme dirait Thomas un gaucho barbu c'est logique !
Santiago en pleine concentration, qui écoute Roberto qui nous fait son speech. Mais la concentration n'empêche pas le chimarrão !

En attendant le procureur... Le stress intense et la digestion se lisent sur les visages !


Je vous souhaite une bonne semaine, que j'irais passer dans l'Etat du Parana pour une "assemblée" avec les membres du Cimi Sul ! Et oui, car malgré le fait que nous soyons en tout petit comité ici, nous sommes un peu plus de 200 dans tout le Brésil...
Alors à bientôt pour de nouvelles aventures !

mercredi 22 septembre 2010

Présentation...

Bon, ça fait longtemps que je ne vous ai pas raconté ma vie, je commence à avoir des réclamations...
Il faut dire que j'ai été très occupée ! Je me suis avalée à peu près 150 pages sur les guaranis dans le week-end, écrite par des membres de l'association en général et publié par la Commission de citoyenneté et des droits de l'homme de l'assemblée législative du Rio Grande Do Sul... Enfin, c'était long mais maintenant j'en sais beaucoup plus ! Et je sais même dire plein de mots en Guarani, parce que j'ai déniché une grammaire Guarani au campement de la semaine Farroupilha ! Je vous entend déjà grommeler... Ça va, deux secondes, j'arrive avec les explications !
Le 20 septembre, avant-hier donc, était férié (juste dans l'Etat), afin de commémorer la Révolution Farroupilha. Pour ne pas vous embêter avec des trucs historiques interminables, en gros, on va dire que les gauchos, en 1835, ils se sont dits que mince alors l'empire c'était vraiment passé de mode (cf. quelques articles en amont), et que nous on veut la République non d'un p'tit bonhomme ! Et c'est comme ça qu'ils ont fait la République tout seuls dans leur coin. Pendant 10 ans. Après l'empire a dit, je suis p'tete bien passé de mode, mais on ça vous empêche pas de faire ce que j'dit !
Pour l'anecdote, notre ami italien Garibaldi était venu les aider, en attendant que son heure soit venu pour unifier le royaume de la pizza et des lunettes noires (petite pensée pour Inès) !
Voilà, donc pour commémorer tout ça, il y avait une semaine de "campement", en réalité de petites cabanes dans le Parc Harmonia, afin de faire vivre la mémoire, la tradition tout ça ! Très rigolo, avec plein de gens habillés traditionnellement, rodéos et tout le tralala... Enfin bon, ça reste assez tradi, pour célébrer le fazendeiro (le fermier et ses valeurs pleines de douceur et d'humanisme !), et je ne suis pas la seule à le dire !

Donc voilà quelques photos juste pour vous :

Le fameux cowboy du sud, pour le fameux rodéo !


Quelques objets traditionnels en cuir et en bois... Admirez la tête de cheval à votre droite (bloups).


Le churrasco, le légendaire barbecue gaucho !

On rigole (discrètement) devant la dadame et son chienchien habillés pareil !


Et sinon lundi, c'était aussi les 35 ans de mariage de Tereza et Nelson... Nous avons proposé pleins de cadeaux peu conventionnels pour fêter ça (avec Alexandre), mais finalement, on s'est contenté (ou plutôt je me suis contentée) de préparer un repas spécial frenchy ! Je vous rassure rien d'extraordinaire (pas de moqueurs s'il vous plaît !), mais ils étaient quand même bien contents, ainsi que tous les voisins, par l'odeur alléchés !

Alors voilà quelque chose que je vous avais promis depuis un petit moment... une petite présentation de la ptite famille !

Tereza, Rita et Nelson le premier dimanche ! Miam !


Dans l'ordre d'apparition, Tereza, Rita et Nelson.

Tereza est la môman, et aussi la cuisinière de ce millier de trucs sur la table (et oui, c'était pas moi ce jour là !). Elle est très, très, très gentille, et très engagée dans la vie de quartier. En effet, elle est présidente de l'association du quartier, très important ici, puisqu'en contact direct avec la mairie pour réclamer des routes qui ressemblent à quelque chose, un centre de santé, etc... Elle est très fier de ses réussites, notamment le fait que le bus monte jusqu'en haut de la colline (je la comprend !), un centre de santé digne de ce nom, une chapelle (dans laquelle elle mène le curé à la baguette !), une crèche et son occupation du moment, un centre communautaire, qui servira d'endroit pour faire des petites fêtes d'anniversaires, pour que les enfants aient un endroit où aller l'après-midi (l'école n'est que le matin, comme dans tous les pays censés...) et le week-end, avec lecteur de DVD et DVDs, bibliothèque, etc...
Cela lui prend pas mal de temps, mais du coup tout le monde l'apprécie beaucoup dans le quartier.

Nelson, son mari est un fou de films. Bon j'ai connu pire (hihi, que se reconnaissent ceux qui veulent !). Mais bon, pour moi, un film par jour, c'est déjà beaucoup ! Du coup, j'en ai déjà vu pas mal, dessins animés, films brésiliens, etc... Souvent assez décalé par rapport à ce que j'ai l'habitude de voir, mais au moins ça me change, et assez souvent en VB, ce qui me permet de progresser !
Il a une petite entreprise dans le sous-sol de la maison, d'où il vend du matériel professionnel pour des entreprises en tout genre... Cela va du bleu de travail au ciment, en passant par le papier de verre.
Il rigole bien, il ne se prend pas du tout au sérieux ce qui est super, et comme toute la famille il aime pêcher... Je crois que je vais devoir m'y mettre même si cela reste un grand mystère pour ma tradition familiale. Je crois que nous avons en tout et pour tout pêcher une fois, sur un lac au Canada, et le seul qui a ramené des poissons était le gars qui nous avait emmené... Pour vous dire !

Rita, qui est aussi sur cette photo mais un peu cachée, est une vraie crème ! Depuis que je suis arrivée, elle m'a donné un sacré coup de main pour acheter ma puce de portable (portable qu'elle m'a prêté), elle m'a emmené au cinéma, au Parc Farroupilha, elle m'a offert une bague en bois qui vient d'Amazonie et qui est censé représenter ceux qui aiment bien les indiens (haaaa, voilà un mystère résolu, de pourquoi tous les gens avec qui je travaille ont une bague en bois !!)... Bref un ange ! Elle travaille en ce moment sur son mémoire (comme je ne l'ai peut-être pas déjà dit, beaucoup de gens commencent où finissent leurs études à un âge largement adulte, du fait du coût de celles-ci) sur les relations interculturelles entre les brésiliens non-indiens et les indiens. Elle a travaillé avec le Cimi pendant quelques temps quand elle était plus jeune en Amazonie dans des missions d'alphabétisation notamment. Les photos font rêver !



Alexandre (prononcer Alechandri) qui a 31 ans rentre du Royaume-Uni où il a passé 4 ans, et compte se poser quelques temps afin de voir où repartir (ou pas !) selon la situation économique européenne et brésilienne... En effet, il est rentré du Royaume-Uni, car ce n'était pas fameux !
En même temps le Brésil ne le tente que peu, car il a l'habitude de dire que c'est "un pays pour les riches"... et je dois dire que je ne le contredirais pas sur ce point ! Le coût de la vie est très légèrement en deçà du coup de la vie européen... Par contre le Smic est à un peu plus de 200 euros. Ceci dit, la vision de Porto Alegre est relativement biaisée puisque c'est la ville la plus chère du pays !
A parti ça, il est végétarien et il n'aime pas le foot... Ah, les clichés !

Flavia, à côté de lui sur cette photo est la cadette de Rita. Elle est sa sœur sont souvent à la maison, puisqu'elles habitent juste au dessus et car elles sont très chouchoutées par leur tante et leur oncle !

Sinon, bien sûr Roberto et Evanir avec qui je travaille, mais ce sera pour la prochaine fois !

mercredi 15 septembre 2010

Un peu de politique...





Oups, quelques temps que je n'ai pas écrit...

Raison principale de cet absence... Il se trouve qu'il y a du cuivre dans les fils téléphoniques...
Vous ne saisissez pas ? Moi non plus au début ! Je vous aide un peu... il se trouve qu'il y a des gens dans le quartier qui ont du mal à boucler les fins de mois... Toujours pas ?
C'est bien simple la prochaine fois que vous trouvez une facture un peu salée dans la boîte aux lettres, allez donc chiper les fils téléphoniques des voisins, le cuivre se vend pas mal ces temps-ci (ne confondez pas avec les fils électriques ce serait fâcheux !) ! Remarque ça change du Panama où il fallait faire attention où l'on marchait, car là-bas c'est le cours des plaques d'égout qui est en pleine explosion !
Enfin... si vous ajoutez la-dessus que les employés de la compagnie de téléphone ont intervertit les câbles en les remplaçant (vous imaginez le gag... Digne de la boucherie Sanzot !), cela donne une bonne semaine sans internet et avec le téléphone des voisins...

Mais me revoilà pour de nouvelles aventures !

Par exemple ce week-end, avec la famille chez qui j'habite et qui sont très gentils, j'ai fait... ça :



Et ça, c'est quoi ?? C'est Claire à moitié en Uruguay et à moitié au Brésil !

Parmi mes amis, beaucoup savent que "ceux qui souhaitent abolir les frontières ne sont que des intellectuels à la noix de France Inter et du Monde"...
Personnellement, je suis une grande adepte des deux, mais j'ai tout de même tenu à vérifier ! Dans la ville de Rivera-Santana do Sacramento, on parle indifféremment (sauf dans mon cas) en espagnol et en portugais, on fait ses courses en pesos, en reais et en dollars tout aussi indifféremment et personne ne nous demande de passeport (c'est aussi ça, le MercosuR/L !).

Tout cela me mène à une conclusion...
Frontière, contrairement à ceux que pensent les crétins du Figaro, tes jours sont comptés !
A part cette expérience très chouette d'être dans une ville binationale, la ville ne présente que peu d'intérêt et la plupart des gens s'y rendent surtout pour ses Duty Free... Bon, je dois reconnaître que son charme était altéré par la pluie discontinue, mais quand même !

A part ça je voulais vous parler d'une autre chose (avant qu'il ne soit trop tard), quelque chose qui rythme la vie brésilienne de cette fin d'hiver/début de printemps... quoi la Samba ?? Mais non ! La campagne électorale enfin !!

En effet le très, très populaire Lula s'en va en vacances (ou pas...) à partir du premier janvier, et du coup il faut trouver quelqu'un pour faire l'intérim ... Ce quelqu'un-e, ce sera le 3 ou le 31 octobre que nous connaitrons son nom !
Mais voyons un peu... Luiz Inacio Lula da Silva, plus connu sous le petit nom de Lula, est très connu à l'international, et je ne pense pas me tromper en disant qu'il y est assez populaire... Bon, ici, la vision est plus nuancée...
Pour faire court, Lula a réussit deux grands défis : faire reculer la pauvreté significativement via les allocations familiales et propulser le Brésil parmi les 8 premières puissances mondiales via des investissements gigantesques...
Pour les nuances, les voici :
  • les allocations familiales sont des mesures palliatives, qui améliorent effectivement la vie des plus démunis, mais sans apporter de réel développement dans cette classe marginalisée.
  • les investissements gigantesques ont souvent été extrêmement controversés en termes d'impact écologique et social... C'est notamment le cas du projet de barrage de Belo Monte, qui serait le 3ème mondial après le barrage des trois gorges en Chine et celui d'Itaipu à la frontière entre le Brésil et le Paraguay. Cela affecterait évidemment la biodiversité locale (sachant que le Brésil compte nombres d'espèces non encore recensées...), encouragerait la déforestation et inonderait plus de 500 km²... De plus, son électricité ne servirait que très marginalement à l'énergie "civile", mais à l'extraction de minerai dans la région. Ça c'est pour l'environnement. Pour le social, des milliers de travailleurs venus construire cette petite merveille, seul un millier pourrait être employé de façon pérenne, entraînant nécessairement un chômage de masse pour tous les autres venus s'installer dans la région pour plusieurs années. Least but not the less, cela inonde trois villages indigènes en amont, et en prive plusieurs de voie navigable en aval, sachant que c'est le seul moyen de transport pour accéder aux écoles, centres de santé, etc... Ce serait donc 25 000 personnes déplacées, et des lieux ancestraux religieux inondés... Même pour "aller chercher la croissance avec les dents", on n'aurait pas idée d'inonder la Mecque, Rome ou le Mur des lamentations... Il se trouve que s'agissant des indigènes, la logique n'est pas la même...
    Ce projet est toujours en cours, malgré le fait qu'il ait été déclaré inconstitutionnel par les autorités compétentes...
  • Peu voire pas, d'avancée concrète dans des domaines cruciaux de développement et de justice sociale tel que la réforme agraire ou la question indigène.
  • Catastrophe écologique : promotion de la culture unique, des OGM, du "biocarburant" ...qui n'a de bio que le nom : effectivement il est fait à partir de plantes... mais qui ne sont pas bio du tout, et qui pour être plantées nécessitent une déforestation massive et la réduction des territoires indigènes et de cultures traditionnelles.
  • Et enfin... réussir à être le 8ème PIB mondial, c'est bien joli ! C'est vrai, le PIB, comme tout le monde sait, c'est très important, produire beaucoup, tout ça... sauf qu'être le 8ème PIB mondiale, tout en réussissant à rester le 8ème pays le plus inégalitaire en terme de concentration de revenus relève de la prouesse ! En Amérique Latine, seule le Guatemala fait mieux... Après, ce sont des pays africains connus pour leur démocratie exemplaire et leur stabilité politique... Enfin, ça c'est pour les revenus, parce que pour la terre le Brésil fait encore mieux : 7 ème ! Cela revient à dire que 6% de la population possède 60% du territoire national ! Pas mal non ?
Voilà pour conclure, Lula a réussi à faire en sorte que les pauvres soient un peu moins pauvres, mais surtout que les riches soient beaucoup plus riches, et le niveau d'inégalité est resté le même...

Mais Lula conformément à la Constitution, ne peut être réélu une 3ème fois !

La campagne bat donc son plein (pour le Président-e, mais aussi les député-es fédéraux et locaux, et les sénateurs-trices).

9 sont en lices pour le trône... Bon en fait, la course n'est pas très motivante vu qu'une des candidates obtient déjà plus de 50% dans les sondages et pourrait donc bien être élue dès le premier tour !
En fait cette campagne n'est pas très motivante : aucun débat de fond, des candidats très "superficiels" (je pèse mes mots) et sans charisme, et les personnes que l'on voit partout agiter des drapeaux et distribuer des tracts... seraient-ce des militants ? Non. Ils sont payés 5 à 10 reais (entre 2 et 4,5 euros) la journée pour faire ça...


Campagne dimanche matin dans le Parc Farroupilha. A droite, des guaranis qui vendent leur artisanat.

Bon en gros voilà les candidats :
Dilma Roussef, la protégée de Lula, qui va probablement gagner les élections. Elle n'est pas désagréable en soi. Elle a même été plutôt chouette pendant la dictature militaire, le genre de résistance qui force le respect. Bon, le souci c'est que personne ne la connaissait il y a quelques mois, et qu'elle a été complètement propulsée par Lula, qui a prit faits et armes dans la campagne électorale. Dans un genre totalement différent, c'est donc un peu une Medvedev en femme... Elle est du PT (bien sûr), mais avec une importante coalition derrière elle.

José Serra, le number 2, mais loin derrière ! Du Partido Social-Democrata Brasileiro, centriste...
Je ne connais pas grand chose sur lui (à part qu'il est gouverneur de l'Etat de Sao Paulo) alors au lieu de dire des âneries... next !

Marina Silva, pour le PV (parti vert)... Elle a fait parti des fondateurs du PT, et elle était ministre de l'environnement de Lula, et elle n'est parti du PT que l'année dernière. Peut-être un peu d'opportunisme ?
En tout cas, c'est clairement une écologie de droite... en tout cas conservatrice, et "croissance verte" ! Première phrase de ses tracts : je suis une mère dévouée... Voilà qui est prometteur ! S'ensuit une série de slogans qui se résument ainsi : produire plus avec moins de ressources...

Ensuite Ivan Pinheiro pour le Parti Communiste Brésilien, José Maria Eymael, du Parti Social-démocrate chrétien (centre droite), Levy Fidélix du Parti rénovateur travailliste brésilien (d'inspiration de G. Vargas, si j'ai bien compris...), Plinio de Arruda Sampaio pour le Parti Socialisme et Liberté, qui a déjà été élu député fédéral, mais dont le mandat a été interrompu par la dictature, président de l'association brésilienne pour la réforme agraire (... il a l'air super cool non ? Sauf que il est pas tout jeune... et c'est un euphémisme !), Rui Costa Pimenta du Parti pour la cause ouvrière (je vous fait pas de dessin) et José Maria de Almeida du Parti Socialiste des travailleurs unifiés (je ne vous fait pas de dessin non plus...).

Ça fait donc pas mal de monde tout ça dans un spectre politique relativement restreint, de l'extrême gauche à la droite soft. Beaucoup de monde, seulement deux femmes, et très peu de diversité ethnique... Seule Marina Silva doit être quelque peu métissée.

Le vote est obligatoire pour tous les brésiliens (enfin plus ou moins, mais ça c'est une autre histoire).

Voilà je crois que c'est déjà pas mal pour aujourd'hui, a Chao Bonsoir !